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Le cinéma main dans la main
LE FESTIVAL DES 3 CONTINENTS
Propos recueillis par Aurélie Louchart pour Evene.fr - Novembre 2008
Du 25 novembre au 2 décembre se tient à Nantes la 30e édition du Festival des 3 Continents. Une semaine dédiée au 7e art asiatique, africain et latino-américain sous toutes ses formes avec pour but de découvrir ces cinématographies méconnues. Une réussite pour une manifestation qui a été parmi les premières à révéler les talents de Hou Hsiao-hsien ou Wong Kar-wai.
Les 3 Continents, un festival de plus ? Au fil d'un entretien avec le directeur général, Philippe Reilhac, on comprend que cet événement se distingue par son approche résolument moderne. Cette manifestation apparaît comme le point d'orgue d'un travail de fourmi quotidien. Plutôt que d'apporter un simple soutien financier, une vitrine de quelques jours ou une aide clé en main aux cinéastes du Sud, le Festival des 3 Continents s'implique tout au long de l'année à leurs côtés. Il s'inscrit dans la tendance contemporaine d'aide aux pays du Sud et signe sa singularité - donc sa survie - parmi une multitude d'événements. Il fait aussi un pari sur l'avenir : en soutenant de jeunes espoirs des cinémas du Sud, les organisateurs tablent sur leur fidélité au festival lorsqu'ils seront reconnus et assurent ainsi la pérennité de la manifestation. Enfin, s'il séduit les professionnels, les 3 Continents reste plébiscité par un large public nantais. C'est sans doute là sa plus grande réussite : l'alliance d'un soutien intelligent aux pays du Sud à un événement cinématographique populaire de qualité.
Comment allez-vous marquer la 30e édition du festival ?
On avait vraiment envie de fêter cet anniversaire mais on ne voulait pas que ce soit simplement un événement nostalgique. L'idée était de célébrer les cinémas d'hier mais aussi ceux d'aujourd'hui. On a donc décidé de projeter les films qui ont gagné le Grand Prix durant les vingt-neuf précédentes éditions. Les quatre réalisateurs qui ont gagné deux fois cette distinction offriront aux festivaliers un montage d'images inédites de vingt minutes. Il y aura en plus des films inédits en compétition et hors compétition, et puis un focus sur le cinéma équatorien. On rendra aussi hommage au cinéaste taïwanais Edward Yang. Décédé l'an dernier, il était venu plusieurs fois au festival et il y avait un vrai lien d'amitié entre lui et les fondateurs des 3 Continents, Alain et Philippe Jalladeau. La manifestation sera aussi marquée par une sélection jeunesse ou des courts métrages.
La programmation promet une multiplicité des genres et des formats. Une manière de capter un plus grand public pour ce festival exigeant ?
Dans les cinémas des pays du Sud, il n'y a pas uniquement des choses difficiles d'accès. Certes, il y a des petits films ouzbeks très pointus mais il y a aussi des blockbusters coréens qui font plusieurs millions d'entrées. On a donc fait une programmation de films de genre, gore ou fantastique. Ca permet de toucher des publics différents, et peut-être même des publics qui n'ont pas l'habitude de fréquenter les 3 Continents. On espère que ces films populaires pourront leur donner envie d'accéder aux autres programmes du festival. De manière générale, on essaie d'amener les cinémas du Sud aux personnes qui n'ont pas le réflexe de se tourner vers ceux-ci. On fait notamment une opération avec le centre hospitalier de Nantes. Chaque soir pendant le festival, on présentera aux patients un film sélectionné sur le circuit interne de l'hôpital, dans leur chambre. On a aussi monté une opération avec les populations des quartiers et avec les détenus de la maison d'arrêt.
Pourquoi trois continents et non cinq ? Qu'est-ce qui justifie cet ostracisme envers l'Europe et l'Océanie ?
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Les cinémas d'Asie, d'Afrique et d'Amérique du Sud étaient particulièrement sous-représentés et méconnus lors de la création du festival en 1979, les fondateurs ont donc choisi ces trois continents. Plus on avance dans le temps, plus on a tendance à déborder, notamment vers les anciennes républiques soviétiques ou l'Amérique centrale. Ce sont des cinématographies qui sont un peu à la marge de la zone prévue au départ mais l'idée maîtresse est de consacrer un événement à des cinémas fragiles ou à découvrir, sans qu'il y ait de frontière exacte. Si c'est intéressant pour les festivaliers, tant pis si ça ne fait pas stricto sensu partie des trois continents.
Montrer des cinémas méconnus est la motivation première des 3 Continents mais on trouve désormais ces cinémas du Sud dans de nombreux festivals. Le concept de votre événement n'est-il pas un peu dépassé ?
Bien sûr, et c'est formidable ; on ne revendique pas l'exclusivité. Il n'empêche que notre festival a vraiment participé à l'éclosion de ces cinémas et surtout à leur visibilité. Aujourd'hui, le festival n'a plus le rôle qu'il avait dans le passé mais tout un travail reste à faire. Il reste encore de nombreuses cinématographies méconnues : kirghize, turque, indonésienne, panaméenne, éthiopienne, érythréenne… On explore des pistes. Il y a des cinémas qui se font dans ces pays-là mais qui n'arrivent pas à atteindre les écrans. A nous de les débusquer et les mettre en avant.
Le festival essaie-t-il de soutenir ces cinémas des trois continents en dehors des quelques jours de la manifestation ?
Depuis plusieurs éditions, il y a une volonté de compléter le festival par des actions qu'on mène tout au long de l'année. On gère notamment deux fonds d'aide à la production pour des jeunes cinéastes du Sud. On soutient ainsi la production de courts métrages africains, et le cinéma en zone Afrique Caraïbe et Pacifique. En plus de ces aides, on anime le pavillon des cinémas du Sud au Festival de Cannes. On s'occupe d'une cinquantaine d'invités, de leur accès au marché du film, on organise des tables rondes pour discuter des problèmes rencontrés par ces cinématographies. Ponctuellement, on monte aussi des opérations autour de films qu'on a soutenus. On essaie d'accompagner les cinéastes du Sud aux différentes étapes de développement de leur film. L'idée est d'être présent, d'être un soutien mais pas du tout de se substituer à eux.
Le festival propose des ateliers 'Produire au sud'. En quoi consistent-ils ?
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Ce sont des ateliers de formation pour jeunes réalisateurs ou producteurs des pays du Sud. Ils se tiennent en marge et pendant le festival, à Nantes et à travers le monde. La plupart des festivals font des plateformes de coproduction : ils sélectionnent des films en développement et font venir quelqu'un pour le représenter pour qu'il rencontre d'éventuels financeurs. Nous, nous nous positionnons en amont, au moment où le film est à l'état de projet et où le cinéaste étranger pense qu'il pourrait éventuellement faire appel à de la coproduction. On l'invite à participer à un atelier pour lui donner les bases de ce système. On y explique ce qu'est la coproduction internationale, comment convaincre des financeurs éventuels, on lui apprend à défendre son projet. Ca peut aller jusqu'à revoir le plan de financement, lui donner des bases juridiques sur les droits d'auteur, éventuellement des consultations sur la réécriture du scénario si on juge qu'il n'est pas assez abouti ou susceptible d'intéresser un public étranger. Nous sélectionnons une dizaine de projets de films avec un vrai potentiel international chaque année pour ces ateliers. C'est un vrai rendez-vous professionnel qui marche très bien. Plusieurs films passés par 'Produire au Sud' étaient d'ailleurs sélectionnés au dernier Festival de Cannes.
Le festival en lui-même n'est donc qu'une infime partie du projet des 3 Continents ?
Avec le nombre de festivals qui se sont développés et les difficultés que l'on a à financer ce genre d'événement, un festival ne peut continuer à prétendre exister seulement sept jours dans l'année. Il ne peut plus se contenter d'être un simple plaisir de spectateurs. Il faut qu'il apporte un vrai soutien aux films qu'il souhaite mettre en avant et auxquels il croit, et ce tout au long de l'année. Le festival c'est vraiment la vitrine, l'aboutissement d'un travail et je pense que c'est ce qui le rend intéressant.
Propos recueillis par Aurélie Louchart pour Evene.fr - Novembre 2008
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 "Raffalle" (prononcez Raphaël) artiste peintre
D'adoption montréalaise depuis presque dix ans, Raffalle, un italien de Toronto, n'a jamais peint avant 1999... Dans son métier de rénovations, souvent, il joue avec les couleurs pour son client. Il aime mélanger les couleurs. À cause de sa santé, quelques années après son arrivée, il prend de moins en moins de contrat et travaille dans son studio à la maison. Pendant quelques années, sa maison lui sert de galerie. Aux deux semaines, les clients réguliers sont invités à venir voir les oeuvres. Ils amènent des amis...et des connaissances... C'est ainsi que sa clientèle s'agrandit.
Après son déménagement en banlieue, les clients suivent mais il n'est plus question d'exposer les toiles faute de mur! Les ventes se font de bouche à oreille et sur rendez-vous seulement.
Son style se raffine mais demeure sensiblement le même depuis ses débuts en 1999: beaucoup de présence, du mouvement, de la précision, quelquefois avec agilité et parfois avec vigueur.
Un grand nombre de toiles entre 7pi x 10pi et 8po x 10po sont vendues, on les retrouvent un peu partout dans le monde, soit au Canada, aux États-Unis et en Angleterre.
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